dimanche 31 octobre 2021

Un avion sans elle - michel bussi

 Un avion sans elle


Informations :

Auteur : Michel Bussi

Editeur :Presse de la cité / livre de poche

Prix : 22€ / 7,95€

Nombre de pages : 575

Existe en format poche ? : oui

Temps de lecture (pour moi) : 3 jours


Résumé :

23 décembre 1980. Un crash d'avion dans le Jura. Une petite libellule de 3 mois tombe du ciel, orpheline. Deux familles que tout oppose se la disputent. La justice tranche : elle sera Émilie Vitral. Aujourd'hui, elle a 18 ans, la vie devant elle mais des questions plein la tête. Qui est-elle vraiment ?

Dix-huit ans que Crédule Grand-Duc, détective privé, se pose la même question. Alors qu'il s'apprête à abandonner, la vérité surgit devant ses yeux, qu'il referme aussitôt, assassiné.

Il ne reste plus à Émilie qu'un vieux carnet de notes, des souvenirs, et Marc, son frère, pour découvrir la vérité...

Notes :

Originalité : 5/5

Addiction : 3,5/5

Personnages : 2/5

Plume de l’auteur : 4/5


Mon avis :

Encore un Bussi coché sur la liste de ceux que j’ai lus. Mais malheureusement pas mon préféré.


L’histoire est celle d’une miraculée. Un enfant d’à peine trois mois qui a survécu au crash d’un avion en décembre 1980 sur le mont Terrible, à la frontière entre la Suisse et la France.

Sur près de 200 passagers, cette enfant a été la seule retrouvée vivante, à quelques mètres de la carcasse du véhicule enflammé.


Sauf que cette enfant, deux familles se la disputent. En effet, deux petites filles d’environ cet âge étaient dans l’avion : Lyse-Rose de Carville et Emilie Vitral.


Malheureusement rien ne permet de savoir laquelle des deux est la rescapée. Aucun indice, aucune photo, aucun signe distinctif ne penche vers une des deux familles. Il est donc difficile de choisir au hasard chez qui la laisser, c’est quand même de la vie d’un enfant dont on parle. Alors, ce qui permet de la mettre dans l’humble famille Vitral n’est que ses yeux bleus (aucun des Carville n’a cette couleur, mais est-ce réellement un point sur lequel on peut se baser ?) et surtout l’absence de gourmette à son poignet....


Alors celle surnommée Lylie (contraction entre Lyse-Rose et Emilie) vit avec son frère Marc (qui était resté en France donc non présent dans l’avion) chez ses grand-parents Vitral.


Mais à dix-huit ans elle reçoit une sorte d’héritage : le détective privé Crédule Grand-Duc embauché par la grand-mère de Carville lui lègue un cahier dans lequel il a rédigé toute son enquête. En effet, pendant dix-huit ans il a cherché une preuve permettant de prouver si oui ou non c’était bien Emilie qui a survécu.

A la veille de l’anniversaire de Lylie, son contrat avec les Carville s’arrêtant, Crédule décide de mettre fin à sa vie car il n’a toujours pas de réponse, et il compte donner le cahier à la jeune fille. Mais quelques secondes avant de se tirer une balle dans la tête, un détail dans le journal ayant relaté les horreurs de ce 23 décembre 1980 lui donne la réponse à toute cette enquête… 


Lylie reçoit bien le cahier de Crédule pour son anniversaire. Après l’avoir lu, elle le passe à son frère Marc en lui demandant à son tour de découvrir son histoire, avant de disparaître dans la nature…


Je trouve le pitch de l’histoire super bien, et vraiment bien mené. Dès le début on nous prend les tripes dans l’histoire. Le fait de savoir au bout de quelques pages que le détective a trouvé la solution mais qu’il a été assassiné juste après, ça donne envie de tout sauter pour arriver à la fin du livre (j’ai réussi à me retenir de la faire).


Et puis l’histoire de cette enfant, seule survivante d’un crash d’avion, c’est terrible et tellement touchant. Surtout que même après ce malheur, elle ne saura jamais réellement qui elle est vraiment.


Au cours de l’histoire, on voit beaucoup de points de vue, mais surtout celui de Marc, le frère d’Emilie. Il découvre l’enquête folle de Crédule Grand-Duc en espérant que cela lui permettra de comprendre où est partie Emilie et pourquoi. 


Marc est attendrissant. Il tient beaucoup à sa sœur, d’une manière même parfois dérangeante car on comprend bien qu’il espère que ce ne soit pas réellement sa sœur qui a survécu au crash. 

C’est à travers ses réactions que l’on découvre le contenu du journal de Crédule Grand-Duc. On suit donc avec le personnage du présent, tout ce qui s’est passé au cours des dix-huit années précédentes. Que ce soit en termes d’avancée de l’enquête, mais aussi de ce qu’il s’est passé dans les familles de Carville et Vitral.


Je trouvais intéressant de découvrir l’enquête petit à petit. Mais en même temps, il y avait beaucoup de longueurs. Crédule se perdait souvent en détails, et divaguait sur des choses qui n’ont rien à voir avec son enquête. Du coup, il y a plusieurs moments où je levais les yeux au ciel parce que j’avais l’impression qu'on n'avançait pas. Même dans le déroulement de l’histoire, je trouvais ça long des fois, et c’est dommage parce que j’aurais préféré un roman plus court mais plus intense.


Au niveau de l’intrigue, elle est très prenante. On a directement envie de connaître la vraie identité de Lylie. Surtout que ça nous paraît improbable de ne pas pouvoir différencier deux enfants de deux familles différentes, mais l’auteur a l’air d’avoir pensé à tout pour expliquer l’impossibilité de savoir qui est réellement cet enfant.

Après, certaines révélations ont été pour moi assez prévisibles, mais la grosse majorité de ce que l’on apprend à la fin m’a surprise. J’ai retrouvé ce que j’aime avec les romans de Bussi : le fait d’avoir comme seule expression possible “mais nooooon” dans les cent dernières pages.


En conclusion, un roman de Bussi qui encore une fois donne envie de se plonger dedans. Malgré tout, j’ai trouvé dommage d’avoir souvent pas mal de longueur, et une partie de l’intrigue prévisible, pour le reste j’ai été comme d’habitude prise dans les révélations finales.


vendredi 15 octobre 2021

Jamais deux sans toi - Jojo Moyes

 Jamais deux sans toi


informations :

Autrice : Jojo Moyes

Editeur : Milady

Prix : 7,90€

Nombre de pages : 475

Existe en format poche ? : oui

Temps de lecture (pour moi) : 3 jours


Résumé :

Jess a la vie dure : elle élève seule ses deux enfants et se tue à la tâche pour arrondir les fins de mois. Comme un malheur n'arrive jamais seul, le don pour les maths de sa fille surdouée risque de rester lettre morte si personne ne la soutient. Quant à son fils, il est victime de harcèlement au collège et ne peut se défendre seul contre ceux qui s'en prennent à lui. Ed cherche à fuir un avenir incertain. Il a du temps à revendre et veut leur venir en aide... Une histoire d'amour aussi captivante que non conventionnelle. La rencontre improbable de deux êtres en perdition.

Depuis que son mari a disparu de la circulation, Jess se bat pour élever seule ses deux enfants. Alors qu'elle ne s'y attendait plus, la chance lui sourit enfin. La chance, ou plutôt le millionnaire dont Jess entretient la résidence. Accusé de délit d'initié, Ed risque la prison. Soucieux de s'acheter une conduite et d'oublier ses ennuis, il se propose de venir en aide à la jeune femme. Que va donner l'addition de leurs petits et grands désastres individuels ? Une histoire d'amour aussi bouleversante qu'inattendue mettant en scène la rencontre improbable de deux êtres en perdition.

Notes :

Originalité : 2/5

Addiction : 5/5

Personnages : 5/5

Plume de l’autrice : 5/5


Mon avis :

Jojo Moyes m’avait déjà conquise avec ‘Avant toi’, et ce fut aussi le cas avec ce deuxième roman que je découvre d’elle.

Jess, Tanzie, Nicky et Norman (le gros chien) forment une famille assez atypique.


Jess est une maman en détresse totale. Abandonnée depuis deux ans par son compagnon Marty partit vivre chez sa mère car il était en dépression, elle gère seule et sans aucune aide leurs deux enfants. Enfin, quand je dis ‘leurs’, certes Tanzie est née de leur union, mais Nicky est l’enfant qu’avait eu Marty avec son ex-compagne (cette dernière ne veut pas s’occuper de son garçon). 

Jess combine deux boulots pour essayer de s’en sortir : femme de ménage et serveuse. Et malgré cette vie compliquée, elle ne se plaît jamais, essaie d’inculquer les bonnes valeurs à ses enfants et voit le positif partout.

Nicky est un adolescent renfermé. Harcelé au lycée à cause de sa différence (Nicky aime jouer aux jeux vidéos et se maquille), il a peur de sortir de chez lui et ne veut parler à personne.


Tanzie est aussi une petite fille originale. Toujours joyeuse, elle aime porter les habits que lui fabrique sa mère et a un talent incroyable pour les mathématiques. Elle est si douée, qu’une grande école spécialisée dans les maths lui propose une bourse, une aubaine. Tanzie rêve de rentrer dans cette école. Jess rêve de permettre à sa fille de rentrer dans cette école. Sauf que, bien que la bourse couvre 90% des frais, le peu qu’il reste à payer est trop cher pour les maigres revenus de Jess.


Alors que la maman est prête à annoncer à Tanzie qu’il lui sera impossible de payer l’école, le professeur de sa fille l’appelle pour lui parler d’un concours dans quelques jours à l’autre bout du pays dont le premier prix lui permettrait largement de subvenir aux deux premières années. 


Alors ni une ni deux, Jess paye l’école avec l’argent de Mr Nicholls qu’il a perdu dans la voiture (elle compte lui rembourser dès qu’elle le peut), elle embarque ses deux enfants et leur chien baveux dans leur vieille voiture qui n’est même plus assurée et les voilà partis !


Sauf que peu de temps après leur départ, ils se font arrêter par la police. En plus d’une amende exorbitante, ils leur confisquent la voiture. Jess se retrouve désemparée. Jusqu’à ce que Ed Nicholls apparaisse au bord de sa voiture de luxe.


Ed Nicholls est un riche homme aux commandes d’une entreprise avec son meilleur ami. Mais après avoir eu la mauvaise idée de donner une combine pour gagner de l’argent facilement à une femme dont il voulait se débarasser, il se retrouve accusé de délit d’initié. Obligé de quitter Londres, il part dans sa maison secondaire dans laquelle Jess fait le ménage.


Sur un coup de tête, il propose à Jess et à sa troupe de les amener à l’olympiade de mathématiques de Tanzie. Le voilà embarqué dans un road-trip original avec un ado renfermé, une génie des maths malade si on roule à plus de 70 kilomètres/heures, un chien aux gaz malodorants et une femme qui refuse d’abuser de son argent et préfère donc dormir dans la voiture et manger des sandwichs.


Je l’accorde, l’histoire n’est pas très originale. Mais pourtant je la trouve tellement prenante.


Je me suis laissée emportée dans l’histoire. J’étais à fond dans le voyage. J’ai adoré tous les personnages.


Déjà, Jess est une femme incroyablement courageuse. Elle est prête à tout pour ses enfants. Et elle tente de voir le bon côté des choses tout le temps. Elle ne se laisse pas abattre malgré tous les malheurs qui lui tombent dessus et l’impression de ne pas réussir à sortir de ce merdier.


Tanzie est une enfant si attachante. Sa passion pour les mathématiques est belle à voir. Elle veut réussir, elle veut aller dans cette école. Et elle comprend facilement que réussir cette olympiade est sa seule chance d’y parvenir.


Nicky est un personnage que l’on met plus de temps à découvrir. Mais une fois qu’on comprend tout ce qu’il vit, l’abandon de ses deux parents biologiques, le harcèlement qu’il subit, cette impression d’être seul, on ne peut que l’aimer.


Ed est celui que j’ai mis le plus de temps à apprécier. En effet, au début tout est fait pour le rendre un peu hautain. On a le sentiment qu’il ne pense qu’à sa jolie petite gueule, qu’il ne se rend pas compte qu’il y a des problèmes plus graves. Sa manière de répondre à chaque fois que sa sœur l’appelle pour qu’il vienne rendre visite à leur père malade m’a fait grincer des dents. Et surtout, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que c’était bien fait pour lui, qu’il faut qu’il apprenne à être plus prudent.


Mais à force de voyager en compagnie de la petite bande, il s’adoucit, il s’ouvre au monde. Il se montre si patient, si généreux, si adorable. J’ai aimé cette évolution. Il se prend d’affection pour Jess et ses enfants qu’il connaît pourtant si peu.


L’histoire est prenante. Je tournais les pages voulant connaître la suite du périple de ce groupe original. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai souri et j’ai été choqué au fil des pages. 


Jojo Moyes a su, malgré un résumé assez banal, m’entraîner dans ce road trip et me faire m’attacher terriblement à ces personnages.


Je suis ressortie de ma lecture heureuse d’avoir découvert leur histoire et triste de quitter les personnages.


En conclusion, une histoire qui se présente comme assez vue et revue, mais qui par ses personnages hyper attachants et sa plume prenante a su me conquérir. 


jeudi 30 septembre 2021

Le soleil est pour toi - Jandy Nelson

 Le soleil est pour toi


informations :

Autrice : Jandy Nelson

Editeur : Gallimard Jeunesse

Prix : 15,90€ / 8,65€

Nombre de pages : 480

Existe en format poche ? : oui

Temps de lecture (pour moi) : 2 jours


Résumé :

Noah et Jude sont plus que frère et soeur, ils sont jumeaux, fusionnels. Sous le ciel bleu de Californie, Noah, le solitaire, dessine constamment et tombe amoureux de Brian, le garçon magnétique qui habite à côté. Tandis que Jude, l'exubérante, la casse-cou, est passionnée par la sculpture. Mais aujourd'hui ils ont 16 ans et ne se parlent plus. Un événement dramatique les a anéantis et leurs chemins se sont séparés.

Jusqu'à ce que Jude rencontre un beau garçon écorché et insaisissable, ainsi que son mentor, un célèbre sculpteur... Chacun des deux jumeaux doit retrouver la moitié de vérité qui lui manque.

Notes :

Originalité : 5/5

Addiction : 5/5

Personnages : 5/5

Plume de l’autrice : 5/5


Mon avis :

Le soleil est pour toi est un roman si particulièrement beau, j’espère réussir à en parler comme il le mérite.


Le livre se partage en deux points de vue à deux périodes différentes : on suit Noah à l’âge de 13 ans et Jude à l’âge de 16 ans.


Noah et Jude sont jumeaux. Jumeaux à fond : ils ne peuvent jamais gagner l’un contre l’autre à “pierre feuille ciseaux”, ressentent quand l’autre est triste, et se partagent le monde (l’un possède les fleurs, l’autre le soleil, ect).


A priori, rien ne peut les séparer… Pourtant…


L’un comme l’autre sont des artistes : Jude fabrique d’incroyables femmes en sable sur la plage, et Noah peint comme si sa vie en dépendait. Leur mère veut les inscrire tous deux à l’IAC, célèbre école pour les artistes.


 Leur père a toujours préféré Jude parce qu’elle est plus courageuse, défend son frère et est plus extravertie -tout le contraire de son frère qui n’a pas d’amis, se renferme dans la peinture et ne correspond pas à l’image que son père se fait d’un homme.


Jusqu’à leurs 13 ans, ils ne sont pas capables de déterminer qui est le préféré de leur mère. Mais désormais ils le savent : Noah l’est, parce qu’il a un talent de peinture si incroyable que sa mère et lui créent un lien entre eux qui exclut Jude. Ils oublient cette dernière au musée, sa mère ne veut même pas regarder son dessin lors d’un concours entre elle et son frère pour ne pas la vexer si le dessin de Noah est meilleur, leur mère passe son temps en opposition avec la jeune fille… 


Pourtant trois ans après, c’est Jude qui entre à l’IAC. Noah a été recalé. Et surtout il a arrêté l’art. Il est devenu ‘normal’, a pleins d’amis, fait des fêtes, sort avec des filles, boit, ne peint plus. Jude, quant à elle, s’est mise à s’habiller comme un sac à patates, passe son temps à suivre les conseils écrits dans la ‘bible’ de sa grand-mère décédée (genre si un garçon vous offre une orange, cela décuple votre amour pour lui), et parle avec le fantôme de sa grand-mère. 


Un terrible accident a fini de briser les jumeaux qui désormais ne ressentent que jalousie et colère l’un envers l’autre. Chacun cache des secrets qui les détruisent intérieurement. Pour essayer d’avancer, Jude veut construire une statue en pierre. Pour se faire, elle va à la rencontre du seul artiste capable d’être son tuteur pour cette œuvre. C’est là qu’elle fait la rencontre de Guillermo, l’artiste brisé, et Oscar, le garçon mystérieux qui fait battre son cœur un peu trop fort.


Ce roman est si particulier. Déjà dans son style de narration. L’autrice a une plume très particulière qui peut vous envoûter ou au contraire vous énerver. Personnellement, ce fut le premier cas. J’ai été prise dans l’histoire, complètement emportée dans la vie des jumeaux Jude&Noah. J’étais sous le charme complet.


Les personnages ont leur caractère bien à eux. Quand ils avaient 13 ans, j’ai adoré Noah et j'ai eu du mal avec sa sœur. Noah est isolé, discret et si talentueux. Il rêve de rentrer à l’IAC, tellement qu’il suit déjà certains de leur cours depuis une fenêtre de l’école.


Noah découvre aussi sa sexualité. Il se rend compte que les filles ne l’attirent pas du tout. Mais aucune chance qu’il l’avoue, parce qu’il est déjà harcelé par les garçons du coin et rejeté par son père. 


Par contre, je comprenais moins Jude. Son comportement envers son frère paraît souvent cruel et égoïste. Elle n’accepte pas que sa mère s’intéresse plus à lui qu’à elle, alors elle fait tout pour provoquer sa génitrice (maquillage, habits courts, non-respect des règles...).


Mais à l’âge de seize ans, j’ai plus apprécié Jude. On fait face à une jeune fille brisée, qui a changé de place avec son frère pour devenir la fille sans amis, plongée dans l’art et aux croyances assez étranges. J’ai mieux compris son comportement d’avant, j’avais plus de peine pour elle et je me suis prise d’affection pour son personnage et sa motivation pour faire cette sculpture de pierre.


On rencontre aussi d’autres personnages au cours des pages : Brian, Guillermo, Oscar. Tous ont un rôle très important. 


Et surtout, j’ai adoré découvrir les liens entre le passé et le présent. On comprend au fil des pages ce qui s’est passé, ce qui a détruit nos jumeaux, leurs secrets. Quelle claque.


Le seul point négatif que je trouve dans ce roman, ce sont les chapitres. En fait, y en a pas. On change de points de vue entre Noah à 13 ans et Jude à 16 ans, mais à chaque fois il y a entre 40 et 150 pages à lire avant de changer de personnage. Disons que c’est parfois un peu rageant de ne pas pouvoir s’arrêter à la fin d’un chapitre. Mais j’imagine que c’est le style de l’autrice. Après cela ne m'a pas empêché d’adorer ce que je lisais, mais je pense que pour certaines personnes le fait qu’il y est peu de chapitres peut déstabiliser.


En conclusion, un roman au style d’écriture particulier qui m’a complètement envoûté. Des personnages brisés et pris dans leurs mensonges, dont on comprend l’histoire au fil de l’histoire divisée entre le point de vue de Noah à 13 ans et de Jude à 16 ans. Attention juste au fait que les chapitres sont très longs, genre extrêmement longs (jusqu’à 150 pages).


mardi 28 septembre 2021

Ma raison d'espérer (tome 2) - Rebecca Donovan

 Ma raison d’espérer 
(tome 2)

(conseil : ne pas lire si vous n’avez pas lu Ma raison de vivre)

Informations :

Autrice : Rebecca Donovan

Editeur : Pocket Jeunesse

Prix : 18,90€ / 8,40€ 

Nombre de pages : 624

Existe en format poche ? : oui

Temps de lecture (pour moi) : 2 jours


Résumé :

Et si le secret d'Emma en cachait bien d'autres ?

" Tu es le sens de ma vie, la raison de chacun de mes actes. Et je ne changerais ça pour rien au monde. "

Emma réapprend doucement à vivre aux côtés d'Evan et de Sara. Hantée par des cauchemars terribles, elle décide de donner une seconde chance à sa mère, qui l'a abandonnée, espérant ainsi trouver un sens à sa souffrance. Mais elle doit aussi affronter le regard des autres : ceux qui s'en veulent de ne pas l'avoir soutenue, ceux qui la jugent et ceux qui, surgissant de son passé, ont encore bien des révélations à faire sur sa vie d'avant...


Notes :

Originalité : 2/5

Addiction : 3/5

Personnages : 2/5

Plume de l’autrice : 4/5 


Mon avis :

Dans cette suite, on retrouve nos personnages six mois après le terrible événement qui est arrivé à Emma…


Emma fait encore face à de nombreux cauchemars de cette nuit où elle a failli mourir à cause de la folie de sa tante. Depuis, elle vit chez sa meilleure amie Sara. Mais Emma prend une décision qui surprend tout son entourage : elle décide d’aller vivre chez sa mère. 


Cette dernière est complètement absente de sa vie depuis plus de quatre ans. Après la mort du père de Emma, sa mère n’était pas du tout en capacité de s’occuper de sa fille (elle était complètement alcoolique et irresponsable) et l’enfant a été placée chez son oncle et sa tante. La suite, on la connaît.


Pourtant, Emma veut tenter de renouer avec sa mère malgré toutes ces années de séparation.


Emma doit aussi s’habituer au mode de vie de sa mère. En effet, cette dernière a une certaine tendance à ramener des hommes chez elle. Jusqu’à CE garçon qui lui plaît réellement et qu’elle veut garder dans sa vie. Emma fait donc la connaissance du nouveau petit ami de sa mère, Jonathan. En plus d’être super mignon, d’être très jeune, une affinité se crée rapidement entre lui et Emma : les deux ont en commun d’être traumatisés par des passés douloureux.


Autant dans le premier tome j’ai facilement réussi à me faire au côté cliché, autant dans la suite cela m’a fait grincer des dents. J’ai horreur des triangles amoureux. 


Comme on peut s’en douter, le personnage de Jonathan est la nouvelle intrigue de l’histoire. Là où Emma ne se confie pas à son petit-copain et à sa meilleure amie sur ses cauchemars récurrents et sur le problème d’alcoolisme de sa mère, elle partage tout avec ce nouvel inconnu. 

Et mon dieu que je le déteste, ce Jonathan. Dès sa première apparition il m’a énervée, et à aucun moment je n’ai réussi à l’apprécier.


Sérieusement, quand on voit qu’elle a un garçon aussi attentionné, patient, mignon que Evan, quel intérêt de se confier à Jonathan ? Non parce que moi la seule chose que je ressentais c’était une envie de meurtre envers le petit-ami de la mère d’Emma, une claque pour remettre la jeune fille dans le droit chemin et un câlin pour Evan qui essaie d’être le plus parfait possible mais qui est complètement ignoré.


En conséquence, Emma qui m’a plutôt touchée dans le tome précédent, m’a ici fait rager par ses actions. Enfin je sais pas, elle pourrait peut être apprendre de ses erreurs et se dire que tenir ses amis les plus proches à l’écart de ce qu’elle vit ce n’est pas la solution la plus saine ?

En fin de compte j’ai l’impression qu’il ne se passe pas tant de choses que cela dans ce tome. On tourne en rond entre des disputes entre Emma et sa mère, des confessions entre Emma et Jonathan, des non-dits de Emma envers Sara et Evan. 


On voit très peu Sara et Evan (en même temps on a l’impression qu’Emma fait tout pour les éviter), alors que ce sont deux personnages que j’adore.


Après, heureusement la plume de l’autrice se lit toujours aussi facilement. Les six cents pages se tournent sans problème, bien que j’ai plus d’une fois fermé le livre pour faire baisser ma colère envers Emma et ses décisions. 


J’espère que dans le dernier tome, notre protagoniste sera enfin plus réfléchie et arrêtera de prendre des décisions idiotes qui compliquent plus sa vie qu’autre chose. Parce que bon, certes elle n’a pas une vie facile, mais quand elle peut arranger les choses on a l’impression qu’elle fait tout pour obtenir l’effet contraire… Genre elle ne veut surtout pas être heureuse.


En conclusion, un second tome qui m’a irritée à cause du triangle amoureux que je trouve plus que rageant. Une héroïne qui a certes vécu des choses horribles, mais qui ne peut s’empêcher de prendre les pires décisions pour empirer encore plus sa vie. Mais heureusement l’histoire se lit sans prise de tête.


mardi 21 septembre 2021

Nymphéas noirs - Michel Bussi

 Nymphéas noirs



Informations :

Auteur : Michel Bussi

Editeur : presse de la cité / pocket 

Prix : 22,50€ / 7,95€

Nombre de pages : 490

Existe en format poche ? : oui

Temps de lecture (pour moi) : 4 jours


Résumé :

Le jour paraît sur Giverny.
Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes... Des silhouettes et des vies. Deux femmes, en particulier, se détachent : l'une, les yeux couleur nymphéa, rêve d'amour et d'évasion ; l'autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au cœur d'un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, où chacun est une énigme, où chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé... 


Notes :

Originalité : 5/5

Addiction : 4,5/5

Personnages : 3/5

Plume de l’auteur : 4/5 


Mon avis :

Ce genre de roman n’est jamais de ceux qui m’attirent le plus dans ma pile à lire, et pourtant à chaque fois que je lis à Bussi je suis agréablement surprise.


Au début j’ai été un peu perdue. On nous présente l’histoire comme étant un meurtre, mêlant trois femmes d’âges différents dont une seule d’entre elles peut s’échapper. Je ne comprenais pas trop à quoi correspondait cette présentation, et finalement c’est quelque chose qu’on ne découvre qu’à la fin.


Mais avant d’en arriver à la fin, il faut commencer au début (en général c’est mieux pour lire). La narratrice se présente : c’est une des trois femmes dont on parle, c’est la plus vieille et la plus discrète. Elle est comme une petite souris: elle est partout, entend tout, voit tout, sans que personne ne s’intéresse à elle. C’est donc elle qui va nous raconter cette enquête.


On se trouve dans le petit village de Giverny qui a été le lieu de vie de Claude Monet où il a peint ses centaines de tableaux sur les nénuphars (les nymphéas) pendant près de trente ans (un peu fou quand même).


Sauf qu’un cadavre est retrouvé dans le ruisseau qui alimente les jardins de Monet. C’est le corps de l’ophtalmologue du village : Jérôme Morval. Les policiers sur place sont formels : c’est un meurtre. 


Commence alors une enquête menée par un duo particulier : Laurenç Sérénac, inspecteur qui vient d’Albi, passionné de peinture, et son coéquipier Sylvio Bénavides dont la femme va bientôt accoucher.

Trois hypothèses sont émises par Sylvio : soit le meurtre a un rapport avec les maîtresses de Morval (ou des maris de ces femmes), soit il peut être rattaché à un enfant (on a retrouvé une carte d’anniversaire apparemment destiné à un enfant de onze ans, or Morval n’a pas d’enfant reconnu, mais peut être avait-il mis une de ses maîtresses en cloque…), ou alors cela tourne autour de la peinture (Morval recherchait à tout prix un tableau des Nymphéas de Monnet).

Mais Sérénac est buté sur une seule piste qu’il ne veut pas lâcher : le tueur c’est le mari d’une des maîtresses de Morval (une enveloppe a été envoyée à la police avec plusieurs photos où on voit à chaque fois Morval avec une de ses maîtresses) : la jolie et très aimée maîtresse du village Stéphanie Dupain. 


Et en même temps, on suit des enfants du village, enfin surtout Fanette, une jeune fille de bientôt onze ans qui adore la peinture. Elle est extrêmement douée, et grâce au peintre américain James elle s’améliore avec l’espoir de remporter un concours international.


Fanette est très proche de Paul à qui elle répète qu’ils se marieront. Et elle est très embêtée par des autres enfants qui la suivent toujours : Camille qui sait toujours tout, Mary qui fait que pleurnicher et Vincent qui est un pot de colle.


On alterne tout le roman entre l’enquête policière de Sylvio et Laurenç, la vie de Fanette et le point de vue de la narratrice qui suit tout cela discrètement.


J’ai rapidement été prise dans l’intrigue. J’avais très envie de savoir ce qui était arrivé à Jérôme Morval : qui a pu le tué ? Pourquoi ? A qui était destiné cette carte d’anniversaire ? … J’ai passé mon temps à émettre des hypothèses (une d’elle était juste j’étais très fière de moi). Et je ne m’attendais absolument pas à ces révélations à la fin : je fus tellement surprise quand j’ai enfin su le pourquoi du comment. 


On se rend compte de l’ingéniosité de l’auteur, sa facilité à tout nous mettre sous les yeux depuis le début sans qu’on s’en rende compte. Ma réaction à la fin du roman peut se résumer à : « mais nooooon ». Tout devient plus clair quand on comprend. Parce que avant cela, on est perdu, on se sent comme les inspecteurs avec cette idée qu’il y a bien un souci quelque part, un élément qui doit manquer pour tout résoudre mais on ne trouve pas quoi.

Ce n’est pas le style de roman dans lequel on s’attache aux personnages. Surtout que tous paraissent suspects ( le coupable est toujours dans les personnages rencontrés au fil de la lecture)… On ne peut s’arrêter de douter d’un d’eux, de ses paroles, de ses actes… Mais en même temps je les ai bien aimés, surtout les deux inspecteurs qui forment un duo particulier.


Ce qui est très original dans cette lecture, c’est que c’est mélangé à l’univers de la peinture impressionniste. Tout est rattaché au peintre Claude Monet. On apprend énormément de choses sur lui, ses œuvres, sa vie, les théories qui tournent autour de lui… J’ai trouvé cela tellement intéressant à apprendre. En plus, ce roman m’a donné très envie d’aller à Giverny : tous les éléments décrits dans le livre existent réellement. Et les jardins de Monet ont l’air tellement magnifiques…


En conclusion, une enquête policière qui m’a complètement prise dans l’intrigue, et qui m’a mise sur le cul quand les révélations finales ont eu lieu. J’ai adoré ma lecture et ai passé un très bon moment avec tous les personnages.